Amortissement, dépréciation, provision : ne plus les confondre

    C'est la confusion la plus répandue du programme de comptabilité, et elle se paie cher : les trois notions se ressemblent parce qu'elles passent toutes par une dotation, mais elles n'enregistrent pas du tout la même chose.

    Une question suffit à trancher, et elle se pose en deux temps.

    L'amortissement constate une consommation certaine

    Une immobilisation ne reste pas éternellement à sa valeur d'achat : elle s'use, devient obsolète, perd ses avantages économiques. L'amortissement est la constatation comptable de cette consommation.

    Ce qui le caractérise, c'est la certitude. On sait que l'actif se consomme ; on répartit simplement sa valeur sur sa durée d'utilisation. Trois variables suffisent : la base amortissable, la durée et le mode.

    L'amortissement est donc programmé d'avance. Il ne dépend d'aucun événement extérieur et ne s'inverse pas.

    La dépréciation constate une perte probable mais réversible

    Une immobilisation peut perdre de la valeur au-delà de son amortissement normal. Un stock peut se déprécier. Un client peut devenir douteux. La dépréciation enregistre ces pertes de valeur probables, mais non définitives.

    Deux différences avec l'amortissement. Elle n'est pas programmée : elle résulte d'un constat à la clôture. Et elle est réversible : si la valeur remonte, on reprend la dépréciation.

    Autre point qui la distingue : elle concerne tous les actifs, pas seulement les immobilisations amortissables. Un terrain ne s'amortit pas mais peut se déprécier.

    La provision constate une dette probable

    Un litige avec un client, une amende probable, des indemnités à venir : autant de dettes probables dont le montant ou l'échéance ne sont pas certains. La provision les anticipe, pour que le bilan reflète honnêtement les engagements de l'entreprise.

    Et c'est là que se joue la vraie différence : la provision est un passif. L'amortissement et la dépréciation viennent en diminution d'un actif ; la provision, elle, s'inscrit de l'autre côté du bilan.

    La question qui tranche

    Devant une opération à la clôture, pose-toi deux questions dans cet ordre.

    Premièrement : est-ce qu'un élément d'actif perd de la valeur, ou est-ce que l'entreprise va devoir sortir des ressources ? Si c'est un actif, tu es sur un amortissement ou une dépréciation. Si c'est une sortie future, tu es sur une provision.

    Deuxièmement, si c'est un actif : cette perte est-elle certaine et étalée dans le temps, ou probable et constatée à un instant donné ? Certaine et étalée, c'est un amortissement. Probable et constatée, c'est une dépréciation.

    Deux questions, trois réponses possibles. Posées dans cet ordre, elles ne se trompent pas.

    Trois situations pour éprouver la règle

    Une machine acquise en début d'exercice, utilisée cinq ans. Sa valeur se consomme, c'est certain et c'est étalé : amortissement.

    Un client en difficulté dont on estime ne récupérer que la moitié de la créance. Un actif perd de la valeur, la perte est probable mais pas définitive — s'il finit par payer, on reprendra : dépréciation.

    Un ancien salarié qui engage une procédure prud'homale, avec une indemnité estimée mais une issue incertaine. Aucun actif n'est en cause : l'entreprise devra probablement sortir des ressources. C'est une dette probable, donc un passif : provision.

    Le même raisonnement fonctionne sur n'importe quel énoncé. Ce qui varie, c'est l'habillage ; la qualification, elle, suit toujours les deux mêmes questions.

    Pour aller plus loin

    Le cours complet, en vidéo, en audio et en fiches de révision :

    → DCG UE9 Comptabilité : https://www.reussirledcg.fr/dcg-ue9-comptabilite

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    La provision pour risques et charges

    Taux de réussite au DCG par matière

    Questions fréquentes

    Quelle différence entre amortissement, dépréciation et provision ?

    L'amortissement constate une consommation certaine et étalée de la valeur d'un actif. La dépréciation constate une perte de valeur probable et réversible sur un actif. La provision constate une dette probable, et elle s'inscrit au passif, pas en diminution d'un actif.

    Comment savoir s'il faut passer un amortissement ou une dépréciation ?

    Pose-toi la question de la certitude. Si la perte est certaine et étalée dans le temps, c'est un amortissement. Si elle est probable et constatée à un instant donné, à la clôture, c'est une dépréciation.

    Une dépréciation est-elle réversible ?

    Oui. Contrairement à l'amortissement, elle n'est pas programmée : elle résulte d'un constat à la clôture, et si la valeur remonte, on la reprend.

    Peut-on déprécier un actif non amortissable ?

    Oui. La dépréciation concerne tous les actifs, pas seulement les immobilisations amortissables : un terrain ne s'amortit pas mais peut se déprécier.

    Quelle question poser devant une opération de clôture ?

    Deux, dans cet ordre. Un élément d'actif perd-il de la valeur, ou l'entreprise va-t-elle devoir sortir des ressources ? Si c'est une sortie future, c'est une provision. Si c'est un actif, cette perte est-elle certaine et étalée — amortissement — ou probable et constatée — dépréciation ?

    Un litige prud'homal donne-t-il lieu à une provision ou à une dépréciation ?

    À une provision. Aucun actif n'est en cause : l'entreprise devra probablement sortir des ressources, ce qui constitue une dette probable, donc un passif.

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